Bienvenue sur le blog de Machablabla et Tyrwaz, figurinistes maniaques et joueurs de DBM, DBA et autres joyeusetés...
Lorsque je me suis mis à la peinture de Perses, j’étais bien loin de me douter que je devrais en arriver à maîtriser une des ornementations de la peinture sur figurines : le motif.
Une tunique perse n’en étant pas une sans motifs, il a bien fallu que je m’y mette. Car il y a motif et motif. Si autant il y a le motif bien placé et de la bonne couleur qui ressort à merveille, il y a le motif qui s’ignore. Donc pour vous éviter de perdre du temps à faire des motifs qu'on voit à peine, voici quelques conseils issus de ma propre expérience.
Pour commencer, il faut différencier deux type de motifs, le linéaire et le motif isolé (qu’on répètera ou non sur l’ensemble d’un vêtement). Les considérations sont à peu près identiques entre ces deux types.
Tout d’abord, car de première importance, le choix des couleurs. Bien sûr, quand on peint de la figurine historique, on est souvent limité par les impératifs inhérents au réalisme. Cependant, la période antique qui nous intéresse pour le moment est suffisamment inconnue et riche pour laisser aller quelque peu notre imagination. Il s’agit dans la mesure du possible d’extrapoler : on verra mal un Spartiate avec des motifs à fleurs turquoises (bien qu’il est possible que, de fait, il plaira beaucoup plus à ses petits camarades…). Donc, quand vous le pouvez, l’idée est d'obtenir un maximum de contraste pour faire ressortir au mieux le motif. En ce sens, l’idéal est d’avoir un motif clair sur un fond foncé. Car si l’on considère l’inverse, à savoir un motif foncé sur du clair, celui-ci pourra être étouffé par les ombrages du vêtement. Dans le cas où on utilise un motif et un fond de même valeur (soit tous les deux foncés, soit tous les deux clairs), il conviendra de matérialiser une séparation de valeur opposée entre chaque composante, toujours dans cette optique de contraste faisant ressortir le motif.
Le placement. Le placement du motif a son importance, notamment en ce qui concerne les motifs isolés. Bien qu’à mes débuts je m’obstinais à respecter une géométrie des motifs sur le vêtement, je me suis bien vite rendu compte de la désuétude de la chose quand le motif, dans cette logique géométrique, devait en arriver à se retrouver dans un pli (ou une zone ombrée de manière plus générale). En effet, cela n’a pour effet que de rompre les nuances (l’effet ombre/lumière) de la figurine. Dans le même ordre d’idée, inutile de calculer où devrait se situer tel ou tel point du motif en fonction du pli du vêtement (oui je l’ai fait ! non je ne suis pas fou !). Pour résumer, il vaut mieux placer ses motifs dans les zones planes et les plus éclairées du vêtement.
La taille. La taille du motif est aussi un paramètre qui relève plus de l’esthétisme que du réalisme. Si on veut s’acharner à faire un motif à l’échelle, sur du 15mm, on risque d’avoir du mal à être suffisamment précis. Il vaut mieux aussi éviter que le motif soit trop gros, cela donne vite un rendu disproportionné par rapport au reste de la figurine et donc trop… grossier !
La fréquence. C’est un paramètre qui pourrait paraître anodin mais qui va de sa conséquence. Un motif trop répété sera souvent écrasé et ne ressortira pas. A l’inverse, un motif trop absent ne ressortira que sous certains angles de la figurine. Là aussi, question d’équilibre.
Application. Une des première considération technique qu’on peut d’ores et déjà constater pour obtenir de beaux motifs, c’est qu’il faut avoir une peinture précise. Loin d’être une qualité réservée aux meilleurs peintres d’entre nous, il convient simplement de respecter quelques principes (qu’on n'évoque pas assez souvent à mon sens quand on parle de peinture). Avant tout, comme pour tout le reste de la peinture de la peinture sur figurine, il faut une peinture très diluée (à la limite de l’ « hypopigmentation », le seuil où il n’y plus assez de pigment dans votre mélange eau+peinture pour en faire un mélange homogène et qui fait du coup de ce mélange un lavis). Deuxième point, avant de charger votre pinceau de cette peinture diluée, il convient de le sécher quelque peu si c’est celui-ci qui vous a servi à diluer votre peinture. En effet, le trop d’eau restant dans votre pinceau fera s’écouler vos pigments trop rapidement et vous ferez baver votre peinture. Par contre, un pinceau juste humide, chargé de peinture diluée, verra un écoulement des pigments constant et fluide. D’où un tracé précis, aussi large que votre pinceau (c’est pour ça qu’un pinceau n° 1 est amplement suffisant pour faire du détail au 15mm, même pour faire des yeux).
Evidemment, aucune solution n’étant miracle, qui dit peinture diluée dit peinture peu marquée. Mais c’est tout un avantage ! Notamment pour les motifs linéaires clairs sur fond foncé. Ainsi, votre premier passage laissera une couleur laissant encore transparaître la couleur de fond, constituant ainsi votre ombrage. Un deuxième passage uniquement sur les parties les plus éclairées donnera à la couleur tout son éclat et finira d’achever votre motif ainsi éclairci.
Pour synthétiser, pour qu’un motif soit du plus bel effet, il convient de trouver le bon équilibre entre sa taille et sa fréquence tout en obtenant le contraste le plus marqué entre le motif et le fond sur lequel il est appliqué.
Alors, à vos pinceaux pour les plus belles broderies et ornementations qui soient !
Un loupé : avec un motif linéaire horizontal noir alors que le pantalon est gris, on obtient un beau saucissonnage.
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